L’orthodontie interceptive correspond à une prise en charge orthodontique ou orthopédique réalisée chez l’enfant lorsqu’une anomalie dentaire, fonctionnelle ou squelettique justifie une intervention pendant la croissance.
Son objectif n’est pas de traiter systématiquement tous les enfants très jeunes, mais de repérer certaines anomalies et d’intervenir au moment où une prise en charge précoce peut présenter un bénéfice.
Au cabinet du Dr Wajih Lakhssassi à Meknès, l’indication d’un traitement interceptif repose sur un examen clinique, l’évolution de la dentition et de la croissance et, lorsque cela est nécessaire, un bilan complémentaire.
Pourquoi consulter avant que toutes les dents définitives soient sorties ?
Certaines anomalies peuvent être identifiées alors que l’enfant possède encore des dents temporaires.
Attendre systématiquement l’éruption de toutes les dents définitives n’est donc pas toujours souhaitable.
Une consultation précoce permet notamment de surveiller :
- le développement des arcades ;
- les rapports entre les mâchoires ;
- l’éruption des dents définitives ;
- l’espace disponible ;
- certaines fonctions oro-faciales ;
- certaines habitudes susceptibles d’influencer la dentition.
Une consultation précoce ne signifie pas nécessairement qu’un traitement sera commencé immédiatement.
Dans de nombreux cas, une simple surveillance est la conduite la plus appropriée.
Dans quelles situations un traitement précoce peut-il être envisagé ?
Selon le diagnostic, une prise en charge interceptive peut notamment être envisagée devant :
- certains articulés croisés ;
- une Classe III chez l’enfant ;
- certains décalages importants entre les arcades ;
- un manque de place important ou une évolution défavorable de l’espace disponible ;
- certaines anomalies d’éruption ;
- une trajectoire anormale de certaines dents définitives ;
- certaines habitudes oro-faciales persistantes ;
- certaines dysfonctions linguales ou fonctionnelles.
L’indication dépend toujours de la situation individuelle.
Articulé croisé
Un articulé croisé correspond à une inversion des rapports habituels entre certaines dents supérieures et inférieures.
Il peut concerner une ou plusieurs dents et se situer dans la région antérieure ou postérieure.
Dans certaines situations, une correction pendant la croissance peut être indiquée afin de rétablir des rapports plus favorables entre les arcades.
Classe III chez l’enfant
Certaines Classes III peuvent être associées à un développement insuffisant du maxillaire supérieur, à une composante mandibulaire ou à une combinaison des deux.
Chez certains enfants correctement sélectionnés, une prise en charge orthopédique précoce peut être envisagée.
Le masque de Delaire constitue l’un des dispositifs pouvant être utilisés lorsque son indication est adaptée.
La croissance doit ensuite continuer à être surveillée, car son évolution future ne peut pas être prédite avec une certitude absolue.
Manque de place et encombrement
Un manque de place pour les dents définitives peut parfois être identifié pendant la denture mixte.
Cependant, tout encombrement ne nécessite pas automatiquement un traitement précoce.
L’analyse porte notamment sur :
- l’espace disponible sur les arcades ;
- la taille et la position des dents ;
- l’éruption des dents définitives ;
- les rapports entre les arcades ;
- et la croissance.
La décision peut être de traiter, d’accompagner l’éruption ou simplement de surveiller l’évolution.
Surveiller l’éruption des dents définitives
Une éruption asymétrique, une dent qui tarde à apparaître ou une trajectoire inhabituelle peut justifier une évaluation.
La surveillance est particulièrement importante pour certaines dents, notamment les canines maxillaires.
Lorsqu’une anomalie d’éruption est suspectée, un examen radiographique peut être indiqué afin de déterminer la position de la dent et d’évaluer les structures voisines.
Une intervention au moment approprié peut parfois réduire la complexité de la prise en charge ultérieure.
Habitudes et fonctions oro-faciales
Certaines habitudes ou fonctions peuvent être associées à des anomalies dento-faciales :
- succion prolongée du pouce ou d’un doigt ;
- utilisation prolongée d’une tétine ;
- interposition linguale ;
- déglutition atypique ;
- respiration principalement buccale.
Lorsqu’une dysfonction est identifiée, une prise en charge fonctionnelle peut être envisagée en complément du traitement orthodontique.
En cas de suspicion d’obstruction respiratoire, un avis médical, notamment ORL, peut être indiqué.
Quels appareils peuvent être utilisés ?
Il n’existe pas un appareil unique d’orthodontie interceptive.
Selon le diagnostic, différents dispositifs peuvent être proposés :
- appareils amovibles ;
- dispositifs d’expansion maxillaire ;
- appareils fonctionnels ;
- appareillage orthodontique partiel ;
- masque de Delaire dans certaines Classes III ;
- dispositifs destinés à accompagner ou contrôler certains phénomènes d’éruption.
L’appareil est choisi en fonction du diagnostic ; ce n’est pas le diagnostic qui est adapté à l’appareil.
Un traitement précoce évite-t-il toujours un traitement à l’adolescence ?
Non.
C’est un point important à expliquer aux parents.
Une première phase interceptive peut corriger une anomalie précise ou améliorer certaines conditions de croissance et d’éruption, mais elle ne garantit pas qu’un traitement orthodontique ultérieur ne sera pas nécessaire.
Une deuxième phase peut être indiquée après l’éruption des dents définitives afin de finaliser l’alignement et l’occlusion.
Surveillance ou traitement ?
Chez certains enfants, le meilleur choix consiste simplement à surveiller la croissance et l’éruption et à revoir l’enfant au moment approprié.
Chez d’autres, intervenir plus tôt peut présenter un intérêt.
L’objectif d’un bilan précoce est précisément de distinguer :
SURVEILLER → INTERCEPTER → TRAITER AU MOMENT APPROPRIÉ
Quand faire une première évaluation orthodontique ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre l’adolescence ou l’éruption complète de toutes les dents définitives pour demander un avis orthodontique.
Une évaluation pendant l’enfance peut permettre de détecter certaines anomalies suffisamment tôt pour organiser leur surveillance ou leur traitement au moment opportun.
L’âge idéal dépend toutefois de l’anomalie recherchée et du développement de chaque enfant.
Le bon traitement au bon moment
L’orthodontie interceptive ne consiste pas à appareiller les enfants le plus tôt possible.
Elle consiste à identifier les situations dans lesquelles le facteur croissance ou le stade d’éruption offre une opportunité thérapeutique particulière.
Un examen orthodontique permet de déterminer s’il faut intervenir, surveiller ou attendre avant de commencer un traitement.